
Bonne nouvelle : le lis se multiplie naturellement d’lui-même, au fil des saisons. Mais en maîtrisant quelques techniques simples, vous pouvez accélérer considérablement le processus et obtenir des dizaines de nouveaux lis vigoureux sans débourser un centime. Que vous optiez pour la séparation des bulbes, l’écaillage, la récolte des petits bourgeons aériens ou le semis, chaque méthode offre des résultats accessibles à tous les jardiniers, du débutant au passionné.
Dans ce guide complet, découvrez comment multiplier les bulbes de lys étape par étape, à quelle période intervenir, et surtout les erreurs à ne jamais commettre pour garantir une floraison abondante année après année.
Vous cultivez déjà des lis au jardin ? Retrouvez toutes nos fiches sur les lis et leur culture pour aller plus loin dans l’entretien de vos plantes.
Quand multiplier les bulbes de lys ?
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Le choix du moment est déterminant pour réussir la multiplication du lys. Intervenir hors saison fragilise les bulbes et compromet la reprise.
Les deux périodes idéales sont :
- L’automne (septembre à novembre) : juste après la floraison, quand les tiges ont jauni. Le bulbe a reconstitué ses réserves et supporte bien la manipulation.
- Le début du printemps (février à mars) : avant la reprise végétative, quand le sol commence à se réchauffer.
Évitez impérativement l’été : la chaleur stresse les bulbes, endommage les racines fragiles et favorise les maladies fongiques.
| Méthode | Saison idéale | Difficulté |
|---|---|---|
| Division des bulbes | Automne | Facile ★☆☆ |
| Écaillage | Automne ou début printemps | Moyen ★★☆ |
| Bourgeons aériens | Fin été, automne | Très facile ★☆☆ |
| Semis | Printemps (intérieur) | Long ★★★ |
Méthode 1 : La division des bulbes, la plus simple

La division des bulbes est la technique de multiplication la plus accessible. Elle consiste à séparer les bulbes-filles qui se forment naturellement autour du bulbe principal, puis à les replanter pour obtenir de nouveaux lis dès l’année suivante.
Matériel nécessaire
- Une fourche-bêche (éviter la bêche qui risque de trancher les bulbes)
- Un désinfectant pour outils (alcool ou eau de Javel diluée)
- Du terreau mélangé à du compost
- Du sable de rivière pour améliorer le drainage
Étapes pour diviser les bulbes
- Déterrer les bulbes : à l’automne, après jaunissement complet des tiges, enfoncez la fourche à 20 cm autour de la touffe. Soulevez délicatement pour ne pas endommager les racines.
- Séparer les bulbes-filles : détachez à la main les petits bulbes qui entourent le bulbe principal. Conservez uniquement les bulbes sains, fermes et bien formés. Éliminez les bulbes malades ou ramollis.
- Laisser sécher : étalez les bulbes divisés à l’air libre pendant 24 heures pour cicatriser les plaies. Cette étape limite le risque de pourriture.
- Replanter : enfoncez chaque bulbe à 15 cm de profondeur minimum, dans un emplacement ensoleillé, en sol bien drainé. Espacement recommandé : 20 à 30 cm entre chaque plant.
- Pailler : couvrez d’un paillis pour protéger en hiver et limiter les mauvaises herbes.
Résultat attendu : floraison dès la saison suivante pour la plupart des variétés.
Méthode 2 : L’écaillage, la plus productive

L’écaillage est la technique reine pour multiplier le lys à grande échelle. Un seul gros bulbe peut produire entre 10 et 20 nouvelles plantes via cette méthode. Elle consiste à prélever les écailles extérieures et à les faire développer leurs propres bulbilles en miniserre.
Quels bulbes choisir pour l’écaillage ?
Sélectionnez des bulbes sains, de gros calibre, sans taches ni zones molles. Les lys orientaux, asiatiques et blancs classiques se prêtent parfaitement à cette technique. Évitez les bulbes malades : les écailles issues d’un bulbe contaminé transmettront les problèmes aux nouvelles plantes.
Étapes de l’écaillage
- Prélever les écailles : détachez délicatement les écailles extérieures du bulbe en les cassant à leur base, le plus près possible du plateau basal. Prélevez un tiers des écailles maximum pour ne pas affaiblir le bulbe principal.
- Traitement préventif : saupoudrez les écailles de soufre en poudre ou trempez-les 30 minutes dans une solution fongicide diluée pour prévenir les maladies fongiques.
- Mise en miniserre : placez les écailles debout dans un sac plastique hermétique rempli d’un mélange terreau et sable (50/50). Fermez le sac et conservez à 18-20°C dans l’obscurité.
- Surveiller l’apparition des bulbilles : au bout de 4 à 8 semaines, de petits bourgeons charnus apparaissent à la base de chaque écaille. C’est le signal pour passer à l’étape suivante.
- Repiquer en godets : sortez les écailles à l’apparition des premières feuilles et rempotez chaque bourgeon dans un godet individuel rempli de terreau drainant.
- Acclimatation progressive : maintenez en intérieur jusqu’au printemps suivant, puis transplantez en pleine terre.
Résultat attendu : 10 à 20 nouvelles plantes par bulbe. Floraison à partir de la 2e ou 3e année.
Méthode 3 : Les bulbilles aériennes, la plus facile
Certains lis, notamment les variétés asiatiques et tigrées, produisent naturellement des bulbilles le long de leurs tiges. Ces petites formations rondes et charnues sont de véritables nouveaux bulbes prêts à planter. C’est la méthode la moins contraignante : la plante fait le travail à votre place.
Comment récolter et planter ces bourgeons aériens
- Repérer les formations : en fin de saison de croissance (août-septembre), observez les petites boules sombres qui apparaissent à l’aisselle des feuilles, sur les tiges florales. Ce sont les bulbilles.
- Récolter au bon moment : attendez qu’elles se détachent facilement à la simple pression des doigts. Une formation qui résiste n’est pas encore prête.
- Planter en pot ou en pleine terre : enfoncez-les à 2-3 cm de profondeur dans un terreau léger et filtrant. Arrosez modérément, car ces petits bourgeons sont sensibles à l’excès d’eau.
- Hiverner à l’abri : pour les régions froides, conservez les pots à l’intérieur pendant le premier hiver, puis transplantez au printemps.
Résultat attendu : les premières feuilles apparaissent au printemps suivant. Floraison attendue en 2e ou 3e année selon les espèces cultivées.
Méthode 4 : Le semis, pour les passionnés
Le semis est la méthode la plus longue mais aussi la plus fascinante : elle permet d’obtenir de nouvelles variétés de lis par croisement naturel. Elle s’adresse aux jardiniers patients qui souhaitent explorer la diversité génétique de leurs plantes.
Comment récolter et semer les graines
- Récolter les graines : après la floraison, laissez les capsules sécher naturellement sur la tige. Récoltez les graines quand les capsules s’ouvrent d’elles-mêmes, généralement en automne.
- Semer au printemps : semez en terrine, à l’intérieur, dans un mélange terreau et sable. Couvrez légèrement (0,5 cm de substrat) et maintenez à 18°C.
- Lever de germination : la germination intervient en 3 à 6 semaines selon les espèces. Arrosez par le bas pour ne pas déplacer les semences.
- Repiquer : dès l’apparition des premières feuilles vraies, repiquez en godets individuels. Sortez progressivement à l’extérieur à partir de mai.
Résultat attendu : 3 à 5 ans avant la première floraison. Idéal pour créer une collection de lis originale et unique.
Entretien après multiplication
La multiplication n’est que la première étape. L’entretien qui suit conditionne la vigueur des nouveaux lis et la qualité de leur floraison future.
- Arroser sans excès : le lis déteste l’excès d’eau. Arrosez en profondeur mais peu fréquemment. Un sol perméable est indispensable pour prévenir la pourriture des bulbes.
- Fertiliser au printemps : apportez du compost bien décomposé en surface au début du printemps pour stimuler la croissance. Évitez les engrais trop azotés qui favorisent le feuillage au détriment de la floraison.
- Pailler en hiver : un paillis pour protéger les bulbes du gel est particulièrement recommandé pour les jeunes plants issus de multiplication, encore fragiles.
- Ne jamais couper les tiges vertes : les premières feuilles et les tiges permettent au bulbe de reconstituer ses réserves après la floraison. Attendez le jaunissement naturel complet avant de retirer les tiges, cette étape est cruciale pour assurer la période de croissance suivante.
- Surveiller les maladies : le lis est sensible aux maladies fongiques (botrytis) et aux ravageurs comme le criocère (coléoptère rouge). Inspectez régulièrement le feuillage et traitez préventivement si nécessaire.
Les erreurs fréquentes à éviter lors de la multiplication
| Erreur | Conséquence | Solution |
|---|---|---|
| Multiplier un bulbe malade | Contamination généralisée | Toujours sélectionner les bulbes sains |
| Écailler hors saison (été) | Aucun résultat, bulbe affaibli | Respecter automne ou début printemps |
| Planter trop peu profond | Bulbe exposé au gel | Minimum 15 cm de profondeur |
| Arrosage excessif | Pourriture du bulbe | Sol drainant, arrosage raisonné |
| Couper les tiges avant jaunissement | Bulbe appauvri, floraison compromise | Attendre le jaunissement naturel complet |
| Endommager les racines à la séparation | Reprise difficile voire impossible | Utiliser une fourche, pas une bêche |
FAQ — Vos questions sur la multiplication des bulbes de lys
Les bulbes de lys peuvent-ils repousser chaque année ?
Oui. Le lys est une plante vivace : son bulbe reste en terre d’une année sur l’autre et refleurit chaque été, à condition d’être correctement entretenu. Sans séparation régulière tous les 3 à 4 ans, les touffes deviennent trop denses et la floraison s’appauvrit.
Comment récupérer des bulbes de lys ?
Déterrez les bulbes à l’automne, après jaunissement complet des feuilles. Nettoyez-les délicatement, éliminez les parties abîmées et laissez-les sécher à l’air avant de les replanter ou de les conserver au frais (entre 5 et 10°C) jusqu’au printemps.
Quelle méthode choisir selon son niveau ?
- Débutant : séparation des bulbes ou récolte des bourgeons aériens
- Intermédiaire : écaillage
- Passionné, expert : semis pour créer de nouvelles variétés
Puis-je multiplier des lis cultivés en pot ?
Absolument. Choisissez un pot profond d’au moins 30 cm, rempli d’un terreau drainant (mélange terreau, sable, compost). La séparation des bulbes et la récolte des bourgeons aériens fonctionnent très bien en pot. Surveillez l’arrosage de près : un contenant se dessèche plus vite que la pleine terre, mais retient aussi plus facilement l’excès d’eau.
À quelle profondeur planter les bulbes divisés ?
La règle générale : planter à une profondeur égale à trois fois la hauteur du bulbe, soit environ 15 cm pour un bulbe de taille moyenne. Cette profondeur protège le bulbe du gel en hiver et assure une stabilité mécanique à la tige florale.
Le lis se multiplie-t-il d’lui-même ?
Oui, le lis produit naturellement des bulbes-filles et, pour certaines espèces, des bourgeons aériens sur ses tiges. La multiplication naturelle est lente : en intervenant manuellement via l’écaillage ou la séparation, vous accélérez considérablement le développement de votre collection.
Conclusion
Multiplier les bulbes de lys est à la portée de tous les jardiniers, qu’ils disposent d’un grand jardin ou d’un simple balcon. Séparation des bulbes pour des résultats rapides, écaillage pour une production en masse, bourgeons aériens pour la facilité, semis pour l’aventure botanique : chaque méthode répond à un profil et à des ambitions différentes. En respectant les bonnes périodes, en sélectionnant des bulbes sains et en assurant un entretien rigoureux après la multiplication, vous obtiendrez une collection de lis vigoureux, florissante et renouvelée chaque année.
