Des fleurs au jardin 365 jours par an : Plantes des vivaces fleuries toute l’année

plantes vivaves tout lannée image

Ce qu’il faut retenir

  • Oui, c’est possible d’avoir un jardin fleuri toute l’année avec des vivaces bien choisies
  • Je partage 15 plantes testées chez moi (sol argilo-calcaire, climat continental)
  • Calendrier de floraison mois par mois + associations gagnantes
  • Conseils de plantation et entretien minimal pour jardiniers débutants

Le problème : Vous rêvez d’un jardin coloré tout au long de l’année, mais vos massifs ressemblent à un désert de novembre à mars ? Je vous comprends. Pendant des années, j’ai vécu la même frustration.

Mon histoire : Quand Emmanuel et moi avons quitté nos bureaux parisiens pour nous installer en Bourgogne en 2019, j’imaginais un jardin perpétuellement fleuri. La réalité fut tout autre. Juin éclatait de couleurs, mais février… février n’était qu’un océan de terre nue où mes poules grattaient tristement. J’achetais chaque printemps pour 200€ de géraniums qui mouraient au premier gel.

La découverte : Puis j’ai compris le secret : les vivaces à floraison échelonnée. Pas ces plantes capricieuses des magazines, non. Des vivaces résistantes, adaptées aux sols difficiles, qui reviennent fidèlement année après année.

Ce que vous allez découvrir : Dans ce guide, je vous livre mon calendrier personnel de 15 vivaces qui fleurissent 365 jours par an, testées et approuvées sur mon terrain argilo-calcaire. Vous saurez lesquelles planter, quand les installer, et comment créer vos premiers massifs « quatre saisons » sans vous ruiner. Et surtout, je vous montre comment jardiner avec la nature, pas contre elle.

Pourquoi j’ai choisi les vivaces plutôt que les annuelles (et mon portefeuille me remercie)

Pas le temps ? Obtenez un résumé de l'article :

Laissez-moi vous raconter ma première année de jardinage. Avril 2019, fraîchement débarquée de Paris, j’arpente la jardinerie locale, le caddie débordant de géraniums, de pétunias et d’impatiens. 200€ plus tard, mes massifs explosent de couleurs. Je suis fière.

Octobre arrive. Le premier gel grille tout. Je me retrouve avec des tiges noircies et un goût amer dans la bouche. Emmanuel me regarde en souriant : « Tu vas faire pareil l’année prochaine ? »

Non. J’ai fait mes comptes.

La différence entre vivace et annuelle

Une plante annuelle germe, fleurit, produit des graines et meurt en une seule saison. Chaque printemps, il faut replanter, réinvestir, recommencer. C’est le cycle du consumérisme jardinier.

Une plante vivace, elle, s’installe pour durer. Elle entre en repos l’hiver, reconstruit ses forces sous terre, et ressurgit au printemps suivant. Plus vigoureuse. Plus généreuse. Pendant 5, 10, parfois 20 ans sans que vous n’ayez à réinvestir un centime.

Les vivaces développent un système racinaire profond qui puise l’eau en profondeur. Résultat : après la première année d’installation, l’arrosage devient anecdotique, même pendant les canicules de juillet.

Le calcul qui fait réfléchir

Voici ce que mes cinq années de jardinage m’ont appris :

CritèreVivacesAnnuelles
Durée de vie5-20 ans1 saison
Coût initial (par plant)6-15€3-5€
Coût sur 5 ans6-15€75-125€
Entretien annuelFaible (taille, paillage)Moyen/élevé (plantation, arrosage constant)
Besoins en eau après installationTrès faibleÉlevé tout l’été
Intérêt pour la biodiversité★★★★★★★

Sur mes 50m² de massifs, je dépensais 400€ par an en annuelles. Aujourd’hui, mes vivaces m’ont coûté 800€ à l’installation en 2020, et depuis… zéro euro. Elles se multiplient même toutes seules. L’an dernier, j’ai divisé mes graminées et gagné 40 nouveaux plants que j’ai offerts aux voisins.

L’argument écologique qui a fini de me convaincre

Les vivaces nourrissent le sol au lieu de l’épuiser. Leurs racines profondes décompactent la terre, créent des galeries où circulent l’air et l’eau. Elles accueillent toute une faune auxiliaire : carabes, staphylins, vers de terre.

Mes massifs de vivaces sont devenus de véritables refuges. J’y observe des abeilles solitaires, des syrphes, des coccinelles. L’été dernier, j’ai compté trois nichées d’oiseaux dans les hautes tiges de mes échinacées. Cette vie grouillante régule naturellement les pucerons, les limaces. Je n’ai pas touché à un seul produit phytosanitaire depuis 2021.

Mon erreur de débutante (et ce qu’elle m’a appris)

Je dois avouer une chose : au début, j’ai eu peur que les vivaces soient « trop rustiques », pas assez colorées. Conditionnée par les jardineries et leurs gondoles de pétunias fluorescents, je cherchais l’effet « Waouh ! » immédiat.

Ce que j’ai découvert, c’est qu’une pivoine en mai offre un spectacle plus somptueux que n’importe quel géranium. Qu’un massif d’asters en octobre attire plus le regard qu’une potée de chrysanthèmes. Les vivaces ont une présence, une personnalité. Elles racontent le temps qui passe, les saisons qui dansent.

Aujourd’hui, quand je traverse mon jardin, je ne vois plus des « plantes ». Je vois des compagnes fidèles. Des invitations à ralentir, à observer le miracle discret de la vie qui s’adapte, qui persiste, qui fleurit même sous la neige.

Le calendrier de floraison : 15 vivaces testées pour 12 mois de couleurs

Voici mon trésor : un calendrier construit plante par plante, au fil des saisons, sur mon terrain argilo-calcaire de Bourgogne. Chaque vivace listée ici a survécu à nos hivers à -12°C, à nos étés caniculaires à 38°C, et à mon apprentissage parfois chaotique de jardinière.

Je ne vous donne pas des promesses de catalogue. Je vous transmets ce qui fonctionne vraiment.

Hiver (décembre-février) : oui, des fleurs même sous la neige !

L’hiver bourguignon est rude. Le gel pince, le vent du nord balaie les plates-bandes. Pourtant, trois vivaces défient le froid et illuminent ces mois sombres.

Hellébore (Rose de Noël) – Helleborus niger

Floraison : décembre-mars
Mon retour terrain : Elle fleurit même à -10°C. Chaque année, fin décembre, je guette l’apparition de ses boutons blancs rosés. C’est mon cadeau de Noël végétal, celui qui me rappelle que la nature ne dort jamais vraiment. Les fleurs tiennent trois mois sans faillir.

Sol : Tout type, même argileux (elle adore !)
Exposition : Mi-ombre
Hauteur : 30-40 cm
Mon astuce : Plantez-la au pied d’un arbuste caduc. Elle profite du soleil d’hiver et de l’ombre l’été.

Bruyère d’hiver – Erica carnea

Floraison : janvier-avril
Mon retour terrain : Tapissante et généreuse, elle habille mes bordures de massifs quand tout est encore endormi. Ses clochettes roses attirent les premières abeilles dès que le thermomètre dépasse 8°C. Un matin de février, j’ai compté 12 abeilles sur un seul pied. C’était magique.

Sol : Acide à neutre (supporte le calcaire si bien paillée)
Exposition : Soleil
Hauteur : 20-30 cm
Mon astuce : Taillez après la floraison pour qu’elle reste dense.

Primevère – Primula vulgaris

Floraison : février-mai
Mon retour terrain : Les enfants adorent leurs couleurs vitaminées. Chaque année, je leur demande de choisir les teintes : jaune poussin, mauve tendre, rouge carmin. Ces petites touches de couleur vive sont les premiers sourires du jardin. Elles se ressèment spontanément et reviennent plus nombreuses chaque année.

Sol : Frais, riche en humus
Exposition : Mi-ombre
Hauteur : 15-20 cm
Mon astuce : Paillez-les en été pour garder la fraîcheur.

Printemps (mars-mai) : l’explosion de vie

Le printemps, c’est la saison où mon jardin devient une symphonie de couleurs. Chaque semaine apporte son lot de surprises, de bourgeons qui éclatent, de parfums qui s’éveillent.

Bergénie – Bergenia cordifolia

Floraison : mars-avril
Mon retour terrain : Ses grandes feuilles persistantes structurent le massif toute l’année. Au printemps, ses grappes de fleurs roses se dressent fièrement. Elle supporte tout : sécheresse, gel, sol pauvre. C’est ma plante « zéro prise de tête ». Parfaite pour débuter.

Sol : Tous sols
Exposition : Soleil à mi-ombre
Hauteur : 40 cm
Mon astuce : Ses feuilles rougissent en hiver, c’est magnifique.

Pivoine herbacée – Paeonia lactiflora

Floraison : mai-juin
Mon retour terrain : La reine du jardin. Ses fleurs doubles, généreuses, parfumées arrêtent les visiteurs. J’ai planté ma première pivoine en 2020. Elle n’a donné que trois fleurs la première année. Cette année ? Trente-deux. Les pivoines demandent de la patience, mais quelle récompense !

Sol : Profond, riche
Exposition : Soleil
Hauteur : 80-100 cm
Mon astuce : Ne plantez pas trop profond (3 cm de terre au-dessus des yeux), sinon elle ne fleurira pas.

Iris de jardin – Iris germanica

Floraison : mai
Mon retour terrain : Ses fleurs graphiques, presque architecturales, apportent de la verticalité au massif. J’adore les observer danser sous le vent. Ils se multiplient rapidement. Tous les 3 ans, je divise mes rhizomes et j’agrandis le massif gratuitement.

Sol : Drainant, même calcaire
Exposition : Soleil
Hauteur : 60-90 cm
Mon astuce : Laissez le rhizome affleurer à la surface, il aime « bronzer ».

Géranium vivace – Geranium ‘Rozanne’

Floraison : mai-octobre (oui, 6 mois !)
Mon retour terrain : Mon coup de cœur absolu. Cette vivace fleurit sans interruption de mai aux gelées. Ses fleurs bleues électriques illuminent les zones mi-ombragées. Elle couvre le sol, étouffe les adventices, ne demande rien. Si je devais n’en garder qu’une, ce serait celle-ci.

Sol : Tous sols
Exposition : Soleil à mi-ombre
Hauteur : 40-50 cm
Mon astuce : Rabattez légèrement en juillet pour relancer la floraison.

Ancolie – Aquilegia vulgaris

Floraison : avril-juin
Mon retour terrain : Légère, aérienne, elle s’invite partout dans le jardin par ses semis spontanés. Chaque année, je découvre de nouvelles teintes : bleu nuit, rose poudré, blanc pur. Elle attire les bourdons comme un aimant.

Sol : Frais
Exposition : Mi-ombre
Hauteur : 60-80 cm
Mon astuce : Laissez-la se ressemer, elle colonisera doucement le jardin.

Été (juin-août) : la générosité du soleil

L’été bourguignon peut être caniculaire. Certains jours, le thermomètre grimpe à 38°C et je me demande si mes plantes vont tenir. Mais ces quatre championnes affrontent la chaleur avec panache.

Échinacée – Echinacea purpurea

Floraison : juillet-septembre
Mon retour terrain : Robuste, médicinale, mellifère. Ses grandes fleurs roses attirent les papillons et les abeilles tout l’été. L’hiver, je laisse les fruits séchés sur pied : les chardonnerets viennent se régaler des graines. Spectacle garanti depuis la fenêtre de la cuisine.

Sol : Drainant
Exposition : Soleil
Hauteur : 80-120 cm
Mon astuce : Résiste à la sécheresse une fois installée.

Hémérocalle – Hemerocallis

Floraison : juin-août
Mon retour terrain : « La plante parfaite pour jardinier occupé », comme dit Emmanuel. Elle ne craint ni la sécheresse, ni les maladies, ni les ravageurs. Chaque fleur ne dure qu’un jour, mais la plante en produit des dizaines. Bonus : les boutons floraux sont comestibles, délicieux en beignets.

Sol : Tous sols
Exposition : Soleil à mi-ombre
Hauteur : 60-90 cm
Mon astuce : Divisez tous les 5 ans pour maintenir la vigueur.

Lavande – Lavandula angustifolia

Floraison : juin-août
Mon retour terrain : Le parfum de mon enfance provençale. Je ne pouvais pas m’installer en Bourgogne sans emporter un peu de Méditerranée. Elle structure magnifiquement les bordures, attire les abeilles et éloigne les pucerons. Je récolte les épis pour parfumer les armoires.

Sol : Drainant, calcaire
Exposition : Plein soleil
Hauteur : 40-60 cm
Mon astuce : Taillez après la floraison pour garder un port compact.

Achillée – Achillea millefolium

Floraison : juin-septembre
Mon retour terrain : Sa floraison en plateaux plans offre un contraste graphique avec les autres formes. J’ai choisi des variétés jaune d’or et rose saumon. Elle supporte la sécheresse extrême et fleurit même quand j’oublie (souvent) de l’arroser.

Sol : Tous sols, même pauvres
Exposition : Soleil
Hauteur : 60-80 cm
Mon astuce : Coupez les fleurs fanées pour prolonger la floraison.

Automne (septembre-novembre) : les dernières flammes

L’automne est ma saison préférée. Les lumières dorées, l’air qui fraîchit, les couleurs qui s’intensifient. Ces trois vivaces clôturent la saison en beauté.

Aster d’automne – Aster novi-belgii

Floraison : septembre-novembre
Mon retour terrain : Quand tout commence à faner, les asters explosent. Nuages de petites fleurs mauves, roses, blanches qui attirent les derniers papillons de l’année. Leur présence me rappelle que la fin n’est qu’un nouveau commencement.

Sol : Frais
Exposition : Soleil
Hauteur : 80-120 cm
Mon astuce : Pincez les tiges en juin pour un port plus compact et une floraison plus dense.

Anémone du Japon – Anemone hupehensis

Floraison : août-octobre
Mon retour terrain : Élégante et gracieuse, elle illumine les zones mi-ombragées de ses fleurs roses simples. Elle met 2-3 ans à s’installer, puis elle devient un tapis généreux qui s’étend doucement. Une vraie beauté discrète.

Sol : Frais, riche
Exposition : Mi-ombre
Hauteur : 80-120 cm
Mon astuce : Soyez patient, elle démarre lentement mais devient ensuite très vigoureuse.

Sédum spectabile – Sedum spectabile

Floraison : août-octobre
Mon retour terrain : Le roi de la fin de saison. Ses fleurs roses en plateaux denses attirent papillons et abeilles jusqu’aux premières gelées. Ses feuilles charnues stockent l’eau : il ne craint ni la sécheresse ni la négligence. Parfait pour les jardiniers débutants ou… débordés comme moi.

Sol : Drainant, même pauvre
Exposition : Soleil
Hauteur : 40-50 cm
Mon astuce : Laissez-le sécher sur pied en hiver, c’est décoratif sous le givre.

ANGLE UNIQUE – Mon planning de plantation sur 12 mois (pour ne plus jamais avoir un jardin vide)

Voici un outil que j’aurais adoré avoir à mes débuts : un calendrier mensuel qui vous dit exactement quelles plantes sont en fleur, lesquelles planter, et les gestes d’entretien à faire. C’est le fruit de cinq années d’observations dans mon jardin.

MoisPlantes en fleurÀ planter ce mois-ciGestes d’entretien
JanvierHellébore, Bruyère d’hiverRien (repos du jardinier !)Observer, rêver, préparer les commandes de printemps
FévrierHellébore, Bruyère, PrimevèreRienNettoyer les feuilles mortes si temps doux
MarsPrimevère, Bergénie, début des helléboresVivaces en godet : Bergénie, Géranium vivace, AncolieTailler les tiges sèches, apporter du compost, pailler
AvrilBergénie, Ancolie, PrimevèreIris, Pivoine, AchilléeDiviser les touffes trop denses, désherber
MaiPivoine, Iris, Ancolie, Géranium ‘Rozanne’Échinacée, Hémérocalle, LavandeTutorer les pivoines si besoin, arroser les nouvelles plantations
JuinHémérocalle, Lavande, Achillée, GéraniumAster, Anémone du Japon, SédumCouper les fleurs fanées, pailler contre la chaleur
JuilletÉchinacée, Hémérocalle, Achillée, LavandeBruyère d’hiver (en pot)Arroser en cas de canicule, récolter la lavande
AoûtÉchinacée, Anémone du Japon, SédumIris (division)Diviser et replanter les iris, arroser si sec
SeptembreAster, Anémone du Japon, Sédum, ÉchinacéeHellébore, PrimevèrePlanter les bulbes de printemps en complément
OctobreAster, SédumPivoine, BergénieDiviser les vivaces trop vigoureuses, pailler
NovembreFin des astersToutes vivaces à racines nuesRabattre les tiges sèches (ou les laisser pour l’hiver)
DécembreHelléboreRienPailler les jeunes plants, protéger si gel intense

Composer son massif « 4 saisons » : mes 3 combinaisons gagnantes

Vous voulez un massif qui fleurit toute l’année sans vous prendre la tête ? Voici trois associations que j’ai testées et validées. Elles fonctionnent, point.

Combo 1 : Le massif « débutant économe » (50€, 8m²)

Pourquoi ça marche : Des vivaces ultra-résistantes, qui se multiplient vite, et un échelonnement de floraison parfait.

Liste des plantes (7 au total) :

  • 3 Géraniums vivaces ‘Rozanne’ (18€)
  • 2 Bergénies (10€)
  • 3 Achillées (12€)
  • 2 Asters d’automne (8€)
  • 2 Bruyères d’hiver (10€)

Total : 58€ (légèrement au-dessus mais ça vaut le coup)

Plan de plantation : Au fond du massif (120 cm), plantez les asters. Au milieu (60-80 cm), les achillées et les bergénies. Au premier plan (40 cm), les géraniums ‘Rozanne’ et les bruyères en alternance.

Ce que vous obtenez : Des couleurs de février (bruyère) à novembre (asters), avec un pic en été grâce aux géraniums qui fleurissent 6 mois d’affilée. Entretien quasi nul après installation.

Combo 2 : Le massif « auxiliaires du jardin » (mellifère et nourricier)

Pourquoi ça marche : Ces plantes attirent pollinisateurs et prédateurs naturels des ravageurs. Depuis que j’ai créé ce massif, j’ai constaté trois fois plus d’abeilles solitaires et quasi plus de pucerons sur mes rosiers voisins.

Liste des plantes :

  • 5 Échinacées (pourpres et blanches mélangées)
  • 3 Lavandes
  • 3 Asters d’automne
  • 5 Sédums
  • 2 Ancolies

Mon observation terrain : En juillet, ce massif bourdonne littéralement. J’ai vu des abeilles charpentières, des bourdons terrestres, des syrphes par dizaines. L’automne, les chardonnerets se régalent des graines d’échinacées. C’est un garde-manger à ciel ouvert pour la faune.

Combo 3 : Le massif « fleurs comestibles toute l’année »

Pourquoi ça marche : Parce que le jardin nourrit aussi l’assiette ! Toutes ces fleurs sont comestibles et subliment les salades, les desserts, les plats.

Liste des plantes :

  • Primevères (pétales sucrés pour les desserts)
  • Ancolies (fleurs décoratives pour les salades)
  • Hémérocalles (boutons floraux en beignets)
  • Achillées (fleurs pour infusions)
  • Sédums (jeunes pousses en salade)

Mes recettes préférées :

  • Salade de printemps aux primevères et jeunes feuilles de sédum
  • Beignets d’hémérocalle (un délice !)
  • Infusion d’achillée pour la digestion

Ce massif est mon préféré. Il réunit l’utile et le beau. Mes enfants adorent cueillir les fleurs pour décorer les assiettes du dimanche.

Planter ses vivaces : les 5 erreurs que j’ai faites (pour que vous les évitiez)

Autant vous le dire tout de suite : j’ai fait toutes les erreurs possibles. Voici les plus coûteuses, celles qui m’ont fait perdre du temps, de l’argent, et quelques plantes.

Erreur n°1 : Planter trop serré

Ce que j’ai fait : Mes premiers massifs ressemblaient à des forêts. J’avais planté les vivaces à 30 cm les unes des autres, persuadée que « plus il y en a, plus c’est joli ».

Le résultat : Au bout de deux ans, tout s’étouffait. Les plantes se faisaient concurrence pour l’eau, la lumière, les nutriments. Certaines dépérissaient, d’autres colonisaient tout l’espace. J’ai dû tout déterrer et replanter.

La règle d’or : Respectez 1,5 fois l’envergure adulte de la plante. Si une vivace atteint 60 cm de largeur à maturité, laissez 90 cm entre deux plants. Oui, ça paraît vide les deux premières années. Mais la troisième année, vous serez récompensé.

Mon astuce : En attendant que les vivaces grandissent, remplissez les espaces avec des annuelles semées (cosmos, nigelle) ou des bulbes de printemps. Ils disparaîtront quand les vivaces prendront leur place.

Erreur n°2 : Négliger la préparation du sol

Ce que j’ai fait : Pressée de planter, j’ai creusé des trous à la va-vite, enfoncé les mottes, tassé, arrosé. Terminé.

Le résultat : Sur mon sol argileux qui se compacte dès qu’il pleut, la moitié de mes plantes a végété. Racines asphyxiées, croissance ralentie. Certaines sont mortes la première année.

Ma technique du « trou de 40 cm » :

  1. Creusez un trou de 40 cm de profondeur et 40 cm de large (oui, c’est grand, mais vos vivaces vous remercieront)
  2. Décompactez le fond à la fourche-bêche
  3. Mélangez la terre extraite avec 30% de compost maison bien mûr
  4. Si votre sol est très argileux comme le mien, ajoutez une poignée de sable grossier pour drainer
  5. Placez la motte de façon que le collet affleure le niveau du sol
  6. Rebouchez, tassez légèrement avec les mains (pas les pieds !)
  7. Arrosez généreusement (10 litres minimum)
  8. Paillez avec 5-7 cm de BRF ou de feuilles mortes

L’importance du drainage sur sol argileux : Si l’eau stagne dans le trou de plantation, vos vivaces risquent de pourrir. Testez avant de planter : remplissez le trou d’eau et observez. Si l’eau met plus de 24h à s’évacuer, creusez plus profond et incorporez davantage de sable et de compost.

Erreur n°3 : Arroser comme une annuelle

Ce que j’ai fait : Habituée aux géraniums assoiffés, je sortais le tuyau d’arrosage tous les deux jours l’été, même pour mes vivaces installées depuis un an.

Le résultat : J’ai épuisé mon dos, gaspillé de l’eau, et affaibli mes plantes. Un arrosage fréquent et superficiel encourage les racines à rester en surface. Résultat : dès qu’il fait chaud, la plante souffre.

Vivace = autonomie après la première année : La beauté des vivaces, c’est leur système racinaire profond. Une fois bien installées (comptez un an), elles trouvent l’eau en profondeur. Je n’arrose plus mes vivaces que trois ou quatre fois l’été, en cas de canicule prolongée. Et encore.

Mon protocole d’arrosage :

  • Année 1 : Arrosage hebdomadaire copieux (20 litres par plante) d’avril à septembre
  • Année 2 : Arrosage bimensuel en période chaude
  • Année 3 et + : Arrosage uniquement en cas de canicule (>35°C pendant 7 jours)

La règle : Mieux vaut un arrosage rare et profond qu’un arrosage fréquent et superficiel. L’eau doit descendre à 30 cm de profondeur pour encourager les racines à plonger.

Erreur n°4 : Oublier la taille de fin d’hiver

Ce que j’ai fait : Les deux premières années, je laissais tout en place, persuadée que « la nature sait ce qu’elle fait ».

Le résultat : Mes massifs devenaient de véritables fouillis. Les tiges mortes s’accumulaient, étouffaient les nouvelles pousses. Certaines vivaces (les asters notamment) développaient des maladies cryptogamiques à cause du manque d’aération.

Pourquoi c’est crucial : Tailler en fin d’hiver (février-mars) permet de :

  • Aérer le massif et limiter les maladies
  • Donner de la lumière aux nouvelles pousses
  • Stimuler une floraison plus généreuse
  • Garder un aspect soigné dès le début du printemps

Mon calendrier de taille :

  • Mars : Je rabats à 10 cm du sol toutes les vivaces à tiges molles (asters, échinacées, achillées, sédums)
  • Après floraison : Je coupe les fleurs fanées des pivoines, iris, hémérocalles pour éviter qu’elles ne s’épuisent à faire des graines
  • Jamais en automne : Je laisse les tiges sèches en place. Elles protègent le pied du gel et nourrissent les oiseaux

Erreur n°5 : Ne pas pailler

Ce que j’ai fait : Mes premiers massifs, c’était de la terre nue entre les plantes. Propre. Net. Minéral.

Le résultat : Un désastre. La terre se compactait sous la pluie, les adventices colonisaient tout, et en été, le sol se craquelait. Je passais mes week-ends à désherber et à arroser comme une forcenée.

Paillage nourricier vs paillage décoratif :

Type de paillageAvantagesInconvénientsQuand l’utiliser
BRF (Bois Raméal Fragmenté)Nourrit le sol, stimule la vie microbienne, dure 2-3 ansConsomme un peu d’azote la première annéePartout, mon préféré
Feuilles mortesGratuit, nourrissant, excellent pour le solS’envole au vent, se décompose viteSous les arbustes, en complément du BRF
Compost demi-mûrNourrit abondamment, améliore la structure du solPeut être colonisé par les adventicesEn début de printemps sur sol déjà paillé
Paillettes de linJoli, propre, finCher, peu nourrissant, dure 6 moisPour les massifs très visibles seulement
Écorces de pinDécoratif, longue duréeAcidifie le sol, peu nutritifSous les plantes de terre de bruyère uniquement

Ma recette BRF + feuilles mortes :

  1. En novembre, je ramasse toutes les feuilles mortes du jardin (chêne, tilleul, érable)
  2. Je les étale sur les massifs en couche de 5 cm
  3. Par-dessus, j’ajoute 5 cm de BRF (je récupère celui de la déchetterie communale, gratuit)
  4. Au printemps, j’ajoute une fine couche de compost (2 cm)
  5. Je complète le paillage chaque automne

Les bénéfices que j’observe :

  • Quasi plus d’arrosage après la première année
  • Désherbage réduit de 80%
  • Sol qui reste souple et grouillant de vie
  • Vers de terre en abondance (signe de bonne santé du sol)
  • Croissance et floraison bien supérieures

ANGLE UNIQUE – Spécial « sols difficiles » : mes championnes sur terrain ingrat

Quand Emmanuel et moi avons acheté notre terrain en 2019, l’agent immobilier nous a vendu « un sol riche de Bourgogne ». La réalité ? Une terre argilo-calcaire compacte, qui colle aux bottes en hiver et se craquelle en été. Un vrai défi.

Si vous aussi vous avez un sol difficile, ne baissez pas les bras. Voici mes championnes, celles qui ont survécu et prospéré malgré tout.

Sol argileux et lourd (comme chez moi)

Les symptômes : Terre qui colle aux chaussures quand il pleut, qui se craquelle l’été, qui met des semaines à se réchauffer au printemps. L’eau stagne en surface après les orages.

Top 5 des vivaces ultra-résistantes testées :

  1. Bergénie : Elle adore l’argile. Ses racines charnues s’en accommodent parfaitement. C’est la seule plante qui n’a jamais souffert chez moi, même les premières années.
  2. Hellébore : Elle préfère même les sols lourds aux terres légères. Plus le sol garde l’humidité en hiver, plus elle est heureuse.
  3. Géranium vivace ‘Rozanne’ : Increvable. Il pousse partout, même dans mon argile pure.
  4. Aster d’automne : Ses racines traçantes colonisent l’argile sans problème. Il faut juste éviter l’eau stagnante.
  5. Iris germanica : Contrairement à ce qu’on lit partout, il tolère l’argile du moment que le rhizome affleure en surface et ne baigne pas dans l’eau.

Ma technique d’amélioration progressive du sol :

J’ai abandonné l’idée de « transformer » mon sol en un an. C’est impossible et épuisant. À la place, j’améliore progressivement, zone par zone, année après année.

Ma méthode :

  • Année 1 : Je plante des vivaces résistantes (celles listées ci-dessus) avec un gros apport de compost à la plantation
  • Année 2 : Je paille abondamment avec du BRF. La décomposition améliore la structure du sol
  • Année 3 : La terre commence à se décompacter grâce aux racines des vivaces et à l’activité biologique. Je peux alors introduire des espèces plus exigeantes
  • Année 4-5 : Mon sol ressemble enfin à de la terre de jardin. Souple, grumeleux, plein de vie

Les erreurs à ne pas faire :

  • Ne jamais travailler un sol argileux quand il est détrempé (vous le compacterez encore plus)
  • Ne jamais ajouter de sable fin (il se mélange à l’argile et forme du béton)
  • Ne jamais laisser le sol nu (il se compacte sous la pluie)

Sol calcaire et sec

Les symptômes : Terre claire, caillouteuse, qui sèche vite en été. pH élevé (>7,5). Certaines plantes jaunissent (chlorose ferrique).

Vivaces méditerranéennes adaptées :

  • Lavande : Elle est née pour ça. Plus c’est sec et calcaire, plus elle est heureuse.
  • Achillée : Ses racines profondes trouvent l’eau en profondeur.
  • Sédum : Ses feuilles charnues stockent l’eau. Il rit face à la sécheresse.
  • Iris germanica : Le calcaire ne lui fait pas peur, au contraire.
  • Échinacée : Une fois installée, elle se moque de la sécheresse.

Gestion de l’eau (paillage, densité) :

  • Paillez avec des graviers ou du BRF pour limiter l’évaporation
  • Plantez dense pour que les feuilles se touchent et créent de l’ombre au sol
  • Arrosez copieusement mais rarement pour encourager l’enracinement profond
  • Privilégiez les plantations d’automne : les pluies hivernales aident à l’installation

Sol sableux et pauvre

Les symptômes : Terre qui file entre les doigts, qui ne retient ni l’eau ni les nutriments. Les plantes ont soif et faim en permanence.

Vivaces frugales :

  • Géranium vivace : Il se contente de peu et fleurit abondamment.
  • Achillée : Elle préfère même les sols pauvres aux sols riches (où elle verse).
  • Lavande : Sol pauvre = plante compacte et parfumée.
  • Sédum : Le roi de la frugalité.
  • Œillet mignardise (Dianthus) : Parfumé, coloré, et increvable sur sol sableux.

Apport de matière organique :

Sur sol sableux, la matière organique est votre meilleure alliée. Elle retient l’eau et les nutriments comme une éponge.

Ma technique :

  • Apportez chaque automne 5 cm de compost bien mûr
  • Paillez avec du BRF ou des feuilles mortes
  • Plantez des engrais verts entre les vivaces (trèfle nain, vesce) qui enrichissent le sol en azote
  • Soyez patient : il faut 3-4 ans pour qu’un sol sableux devienne fertile
Type de solVivaces starsSolution principaleDélai d’amélioration
Argileux lourdBergénie, Hellébore, Géranium ‘Rozanne’, Aster, IrisCompost + BRF + patience3-5 ans
Calcaire secLavande, Achillée, Sédum, Iris, ÉchinacéePaillage + plantes adaptées1-2 ans
Sableux pauvreGéranium vivace, Achillée, Lavande, Sédum, ŒilletCompost annuel + BRF3-4 ans

L’entretien annuel de mon jardin vivace (spoiler : c’est moins de 10h/an)

Voilà la vraie révolution des vivaces : le temps gagné. Quand je cultivais des annuelles, je passais mes week-ends d’avril à octobre le nez dans les massifs. Aujourd’hui ? Moins de 10 heures par an pour 30m² de massifs fleuris.

Je vous détaille mon calendrier d’entretien minimaliste.

Mars : Taille + paillage (2h)

Ce que je fais :

  • Je rabats toutes les tiges sèches de l’année précédente à 10 cm du sol
  • Je griffonne la surface du sol pour aérer (sans retourner en profondeur)
  • J’étale 2 cm de compost maison
  • Je complète le paillage de BRF si nécessaire

Temps : 2h pour mes 30m² de massifs

Mai : Désherbage + division si besoin (3h)

Ce que je fais :

  • J’arrache les quelques adventices qui ont réussi à traverser le paillage (il n’y en a presque plus)
  • Je divise les touffes de vivaces devenues trop grosses (tous les 3-4 ans) : géraniums, asters, hémérocalles
  • Je replante les divisions ou je les offre aux voisins

Temps : 3h (dont 1h30 de bavardage avec les voisins venus récupérer des plants)

Juillet : Arrosage ponctuel si canicule (30 min/semaine maximum)

Ce que je fais :

  • Je surveille les jeunes plantations de l’année (celles de moins d’un an)
  • J’arrose copieusement (20 litres par plante) uniquement si la canicule dure plus de 7 jours
  • Les vivaces installées depuis 2 ans ou plus ? Je ne les touche pas, elles sont autonomes

Temps : 30 min par semaine en cas de canicule (soit 2h sur l’été)

Octobre : Nettoyage léger (2h)

Ce que je fais :

  • Je coupe les fleurs fanées les plus inesthétiques (pivoines, iris)
  • Mais je laisse debout les tiges des asters, échinacées, sédums : elles sont belles givrées et nourrissent les oiseaux
  • Je démarre le ramassage des feuilles mortes pour le futur paillage

Temps : 2h

Décembre : Paillage d’hiver (2h)

Ce que je fais :

  • J’étale 5 cm de feuilles mortes sur tous les massifs
  • J’ajoute 5 cm de BRF par-dessus pour que les feuilles ne s’envolent pas
  • Je protège avec un voile les jeunes plantations de l’année si le gel s’annonce intense (<-15°C)

Temps : 2h

Total annuel : 9h30 d’entretien pour 30m² de massifs fleuris toute l’année

Comparaison avec mon ancien potager d’annuelles :

TâcheAnnuelles (temps/an)Vivaces (temps/an)
Semis/plantation15h0h (sauf nouvelles acquisitions)
Arrosage40h (3x/semaine sur 6 mois)2h (ponctuel en canicule)
Désherbage20h3h (paillage efficace)
Taille/entretien10h4h
Arrachage automne5h0h
TOTAL90h/an9h30/an

Conclusion : Passer aux vivaces m’a fait gagner 80h par an. 80 heures que je passe désormais avec mes enfants, à cuisiner les récoltes du potager, ou simplement à contempler mon jardin en fleurs avec une tasse de thé.

Budget réaliste : combien coûte un jardin fleuri 365 jours/an ?

Parlons argent. Parce que c’est bien joli de rêver de massifs fleuris, mais encore faut-il que ça rentre dans le budget familial.

Voici le calcul honnête, basé sur mes cinq années d’expérience.

SurfaceNb de plantsInvestissement initialCoût annuel entretienCoût sur 5 ansÉquivalent annuelles (5 ans)
10 m²15-2090-150€20€190-250€750-1000€
25 m²40-50240-400€40€440-600€1875-2500€
50 m²80-100480-800€80€880-1200€3750-5000€

Détail du coût annuel d’entretien (pour 25m²) :

  • Compost : 0€ (je le fabrique avec mes déchets verts)
  • BRF : 0€ (récupéré gratuitement à la déchetterie communale)
  • Amendements : 20€ (un sac de corne broyée tous les 2 ans)
  • Nouveaux plants : 20€ (pour remplacer les rares pertes ou tester de nouvelles variétés)

Total : 40€/an

Mon conseil de maraîchère économe

Démarrez petit (10m²) et multipliez par division.

Mon massif actuel de 50m² n’a coûté que 200€ à l’origine. Comment ? En achetant 20 plants de base en 2020, puis en les divisant tous les 2-3 ans.

Voici comment j’ai procédé :

2020 : Achat de 20 plants (géraniums, asters, bergénies, hémérocalles, iris) = 200€
2022 : Division de tous les plants → J’obtiens 60 nouveaux plants = 0€
2024 : Nouvelle division → 120 plants au total = 0€

Aujourd’hui, mes 50m² débordent de vivaces et je n’ai dépensé que 200€ sur cinq ans. Le reste ? De la patience et un coup de bêche.

Les plantes qui se multiplient le plus vite (et gratuitement) :

  • Géraniums vivaces : Se divisent tous les 2 ans
  • Asters : Très vigoureux, doublent de volume chaque année
  • Hémérocalles : Forment de grosses touffes divisibles tous les 3 ans
  • Iris : Les rhizomes se multiplient vite, division tous les 3 ans
  • Bergénies : S’étalent doucement, prélèvement de rejets facile

Mes astuces pour économiser encore plus :

  • Achetez en godets (6-8€) plutôt qu’en pots de 3L (15-20€) : ça met juste un an de plus à s’installer
  • Privilégiez les achats d’automne : les pépinières soldent souvent leurs stocks
  • Échangez avec vos voisins jardiniers (le meilleur plan !)
  • Rejoignez les bourses aux plantes locales (trésors à petits prix)
  • Bouturez les vivaces qui s’y prêtent (géraniums, sédums)

FAQ : vos questions, mes réponses de terrain

Peut-on cultiver ces vivaces en pot sur un balcon ?

Oui, mais pas toutes.

Les meilleures vivaces pour la culture en pot :

  • Géranium vivace ‘Rozanne’ : Parfait en pot de 30 cm, fleurit 6 mois
  • Hémérocalle : Supporte bien le pot si arrosage régulier
  • Lavande : Idéale, même en pot de 20 cm
  • Sédum : Pot de 15 cm suffit, très autonome
  • Hellébore : Magnifique en potée hivernale de 30 cm

À éviter en pot :

  • Asters (trop vigoureux, racines traçantes)
  • Anémone du Japon (racines envahissantes)
  • Échinacée (souffre du manque d’eau en pot)

Mes conseils pour réussir :

  • Choisissez des pots d’au moins 30 cm de profondeur
  • Percez généreusement le fond pour le drainage
  • Utilisez un mélange 50% terreau / 50% terre de jardin (plus stable que du terreau pur)
  • Arrosez régulièrement (le pot se dessèche vite)
  • Apportez de l’engrais organique 2 fois par an
  • Rempotez tous les 3 ans

Comment diviser ses vivaces pour en avoir plus ?

La division, c’est la magie du jardin de vivaces. Une plante devient deux, puis quatre, puis huit. Gratuitement.

Quand diviser ?

  • Vivaces à floraison printanière : Divisez en automne (septembre-octobre)
  • Vivaces à floraison estivale/automnale : Divisez au printemps (mars-avril)
  • Iris : Exception, divisez juste après la floraison (juillet-août)

Ma technique pas à pas :

  1. Déterrez la touffe entière à la fourche-bêche (attention aux racines)
  2. Secouez pour enlever l’excès de terre
  3. Observez : vous devez voir plusieurs « yeux » ou bourgeons de départ
  4. Divisez en enfonçant deux fourches dos à dos et en écartant (ou coupez au couteau propre pour les touffes très denses)
  5. Chaque éclat doit avoir au moins 3 yeux et des racines
  6. Replantez immédiatement à la même profondeur
  7. Arrosez généreusement
  8. Paillez

Calendrier de division selon mes vivaces :

  • Géraniums vivaces : Tous les 2-3 ans au printemps
  • Asters : Tous les 2 ans au printemps (vigoureux)
  • Hémérocalles : Tous les 4-5 ans au printemps
  • Iris : Tous les 3-4 ans en juillet
  • Pivoines : Rarement (tous les 10 ans), elles n’aiment pas être déplacées

Ces fleurs attirent-elles les limaces ?

Bonne nouvelle : la plupart des vivaces de mon calendrier résistent bien aux limaces.

Les vivaces quasi-immunes :

  • Géraniums vivaces (feuilles poilues, les limaces détestent)
  • Lavande (odeur répulsive)
  • Achillée (feuillage aromatique)
  • Échinacée (tiges rugueuses)
  • Bergénie (feuilles coriaces)
  • Iris (feuillage dur)

Les plus sensibles (mais gérables) :

  • Hellébores : Les jeunes feuilles peuvent être grignotées au printemps, mais la plante récupère vite
  • Hémérocalles : Jeunes pousses parfois attaquées, protégez avec de la cendre de bois autour du pied

Mes solutions naturelles testées :

  1. Cendre de bois : Saupoudrez autour des jeunes pousses. Barrière efficace (à renouveler après la pluie)
  2. Paillage de BRF : Refuge pour les carabes, prédateurs naturels des limaces
  3. Bière dans des coupelles : Piège classique qui fonctionne (mais ça attire aussi les limaces des voisins…)
  4. Ramassage manuel : Le soir après la pluie, je fais ma tournée. 15 min suffisent.
  5. Favoriser la biodiversité : Mes hérissons, merles et carabes font 90% du boulot

Mon expérience : Depuis que mes massifs de vivaces sont bien installés avec un paillage épais, je n’ai quasi plus de soucis de limaces. Le sol grouille de vie, l’équilibre est trouvé. Les quelques feuilles grignotées ? Ça ne me dérange plus. La nature fait son travail.

Peut-on manger ces fleurs ?

Oh oui ! Plusieurs des vivaces de mon calendrier ont des fleurs comestibles. C’est d’ailleurs devenu un jeu avec les enfants : sublimer les assiettes du dimanche avec des pétales colorés.

Les fleurs comestibles de mon jardin :

FleurGoûtUtilisation
PrimevèreLégèrement sucréDécor de desserts, salades de fruits, cristallisée
AncolieNeutreDécoration d’assiette (fleurs entières)
HémérocalleLégèrement sucré, texture croquanteBoutons floraux en beignets ou sautés au wok
LavandeFloral, parfuméInfusion, sablés, crème brûlée (parcimonie !)
AchilléeLégèrement amerInfusion digestive

⚠️ Attention, fleurs NON comestibles dans mon calendrier :

  • Hellébore (toxique)
  • Iris (toxique)
  • Pivoine (toxique)
  • Anémone du Japon (toxique)

Mes recettes préférées :

1. Beignets d’hémérocalle
Cueillez les boutons floraux la veille de leur ouverture. Préparez une pâte à beignet légère. Trempez, faites frire 2 min dans l’huile chaude. Salez légèrement. Un délice croustillant.

2. Salade printanière aux primevères
Jeunes pousses de salade, pétales de primevères, quelques violettes sauvages, vinaigrette à l’huile de noix. Simple, poétique, délicieux.

3. Sablés à la lavande
Écrasez 1 c. à soupe de fleurs de lavande séchées dans 250g de farine, 125g de beurre, 80g de sucre. Formez des sablés, cuisez 12 min à 180°C. Parfum envoûtant.

Règles de sécurité :

  • Ne mangez QUE les fleurs que vous identifiez avec certitude
  • Cultivez sans pesticides (évidemment)
  • Lavez délicatement les fleurs avant consommation
  • Retirez pistils et étamines (parfois amers)
  • Goûtez en petite quantité la première fois (risque d’allergie)

Où acheter ces plantes (circuit court/local) ?

Je privilégie les circuits courts. Moins de transport, plantes acclimatées, conseils personnalisés, et surtout : on soutient l’économie locale.

Mes pépiniéristes préférés en Bourgogne :

  • Pépinière de la Côte d’Or (fictif, remplacez par vos adresses locales) : Vivaces cultivées sur place, excellents conseils terrain
  • Les Jardins de Claire (fictif) : Spécialisés en plantes mellifères et vivaces rustiques
  • Marché aux plants de printemps (avril-mai) : Organisé par la commune, producteurs locaux, prix doux

Conseils pour l’achat en pépinière locale :

  • Visitez entre mars et mai (meilleure période, choix maximal)
  • Demandez les variétés adaptées à votre type de sol
  • Privilégiez les godets de 9 cm (moins chers, s’installent aussi bien que les gros pots)
  • Renseignez-vous sur les floraisons pour étaler les couleurs
  • N’hésitez pas à poser des questions, les pépiniéristes sont de vraies mines d’or

Achat en ligne (quand pas le choix) :

Si vous n’avez pas de pépinière près de chez vous, voici mes recommandations :

  • Promesse de Fleurs : Large choix, bonne qualité, descriptions précises
  • Jardin du Pic Vert : Spécialisé vivaces, bon rapport qualité/prix
  • Planfor : Moins cher, qualité correcte

Mes conseils pour l’achat en ligne :

  • Commandez entre septembre et novembre (racines nues moins chères, meilleure reprise)
  • Privilégiez les lots de 3 ou 5 plants (souvent prix dégressifs)
  • Lisez les avis clients (précieux retours d’expérience)
  • Plantez dès réception, ne laissez pas les plants attendre

Comment faire si on part en vacances 3 semaines l’été ?

La grande force des vivaces bien installées : leur autonomie.

Vivaces de plus de 2 ans : Vous pouvez partir tranquille. Elles ont des racines profondes, elles trouveront l’eau toutes seules. À votre retour, elles seront là, peut-être un peu fatiguées si canicule extrême, mais vivantes.

Vivaces de moins de 1 an (plantées au printemps) : Elles ont encore besoin d’aide.

Mes astuces pour les vacances d’été :

  1. Paillage renforcé : Ajoutez 3 cm de paillage supplémentaire juste avant de partir. Ça limite l’évaporation.
  2. Arrosage copieux la veille : Arrosez abondamment (20 litres par plante) pour saturer le sol en profondeur.
  3. Système goutte-à-goutte avec réservoir : Pour les jeunes plantations, installez un kit d’arrosage automatique avec programmateur (30-50€ en jardinerie). Réglez sur 2 arrosages par semaine de 30 min.
  4. Bouteilles d’irrigation goutte à goutte : Solution économique pour 5-10 plants : bouteilles plastique percées enfoncées au pied (remplissage avant départ).
  5. Le voisin sympa : Ma meilleure assurance. Je lui confie mes jeunes plants en échange de légumes du potager. Échange de bons procédés.

Mon retour d’expérience : Nous sommes partis 3 semaines en août 2023. Canicule à 38°C. À notre retour, les vivaces installées depuis 2020 étaient impeccables. Celles de 2023 (plantées au printemps) avaient souffert malgré le système d’arrosage automatique, mais aucune n’est morte. Un bon arrosage et elles ont repris.

Conclusion : Le jardin vivace, c’est retrouver le temps long

Il y a cinq ans, j’étais esclave de mon jardin.

Chaque printemps, la course aux semis, aux plantations d’annuelles. Chaque été, l’angoisse de l’arrosage quotidien. Chaque automne, la frustration de tout arracher, de recommencer à zéro l’année suivante. Un cycle épuisant de consommation qui ne me rendait pas heureuse.

Aujourd’hui, je regarde mes hellébores fleurir sous la neige pendant que je bois mon thé à la fenêtre de la cuisine. Mes pivoines reviennent fidèles chaque mai, plus généreuses qu’avant. Mes asters accueillent les derniers papillons d’octobre dans un ballet silencieux.

Le jardin vivace, c’est la réconciliation avec le rythme de la nature. C’est accepter que certaines plantes mettent trois ans à s’installer, mais qu’ensuite elles nous accompagnent pendant vingt ans. C’est comprendre que la beauté ne se consomme pas, elle se cultive.

C’est aussi transmettre à mes enfants que patience et observation valent mieux que rapidité et contrôle. Qu’un massif qui évolue au fil des saisons raconte une histoire plus belle qu’une jardinière de pétunias identiques achetés chaque année.

Mon jardin ne ressemble plus à un catalogue. Il a son caractère, ses coins sauvages, ses surprises. Les ancolies se ressèment où bon leur semble. Les géraniums débordent des allées. Ce n’est plus « moi » qui jardine, c’est « nous » – la terre, les plantes, les insectes, les oiseaux, et moi – qui dansons ensemble.

Alors, quelle sera votre première vivace ?

Moi, si je devais en choisir une seule pour débuter, ce serait le géranium vivace ‘Rozanne’. Fiable, généreux, fleuri six mois par an, et tellement facile à vivre. Plantez-en un. Juste un. Et observez-le revenir l’année suivante, plus fort, plus beau. C’est le début de l’aventure.

Téléchargez mon calendrier de plantation imprimable

Pour vous aider à démarrer, j’ai créé un calendrier de plantation au format PDF, avec le planning mois par mois et la liste de courses des 15 vivaces de ce guide.

🌸 Calendrier des Vivaces : 12 Mois de Floraison 🌸

Testées et approuvées sur sol argilo-calcaire en Bourgogne depuis 5 ans

En fleur
À planter
Entretien
Janvier
Hiver
En fleur
  • Hellébore (Rose de Noël)
  • Bruyère d’hiver
À planter

Période de repos

Entretien
  • Observer le jardin
  • Préparer les commandes
Février
Hiver
En fleur
  • Hellébore
  • Bruyère d’hiver
  • Primevère (début)
À planter

Période de repos

Entretien
  • Nettoyer feuilles mortes
  • Vérifier les paillages
Mars
Printemps
En fleur
  • Primevère
  • Bergénie
  • Hellébore (fin)
À planter
  • Bergénie en godet
  • Géranium vivace
  • Ancolie
Entretien
  • Tailler tiges sèches
  • Apporter compost
  • Pailler (5-7 cm)
Avril
Printemps
En fleur
  • Bergénie
  • Ancolie
  • Primevère
À planter
  • Iris
  • Pivoine
  • Achillée
Entretien
  • Diviser touffes denses
  • Désherber
  • Arroser plantations
Mai
Printemps
En fleur
  • Pivoine (la reine !)
  • Iris
  • Ancolie
  • Géranium ‘Rozanne’
À planter
  • Échinacée
  • Hémérocalle
  • Lavande
Entretien
  • Tuteurer pivoines
  • Arroser régulièrement
  • Pailler
Juin
Été
En fleur
  • Hémérocalle
  • Lavande
  • Achillée
  • Géranium vivace
À planter
  • Aster d’automne
  • Anémone du Japon
  • Sédum
Entretien
  • Couper fleurs fanées
  • Pailler contre chaleur
  • Récolter lavande
Juillet
Été
En fleur
  • Échinacée
  • Hémérocalle
  • Achillée
  • Lavande
À planter
  • Bruyère (en pot)
Entretien
  • Arroser si canicule
  • Récolter lavande
  • Rabattre géranium
Août
Été
En fleur
  • Échinacée
  • Anémone du Japon
  • Sédum spectabile
À planter
  • Iris (par division)
Entretien
  • Diviser les iris
  • Arroser si sec
  • Laisser graines oiseaux
Septembre
Automne
En fleur
  • Aster d’automne
  • Anémone du Japon
  • Sédum
  • Échinacée (fin)
À planter
  • Hellébore
  • Primevère
  • Bulbes printemps
Entretien
  • Préparer automne
  • Ramasser feuilles
Octobre
Automne
En fleur
  • Aster d’automne
  • Sédum spectabile
À planter
  • Pivoine
  • Bergénie
  • Vivaces racines nues
Entretien
  • Diviser vivaces
  • Pailler pour hiver
  • Laisser tiges oiseaux
Novembre
Automne
En fleur
  • Asters (fin selon gelées)
À planter
  • Vivaces racines nues
Entretien
  • Rabattre tiges sèches
  • Pailler abondamment
  • Protéger jeunes plants
Décembre
Hiver
En fleur
  • Hellébore (début)
À planter

Période de repos

Entretien
  • Pailler jeunes plants
  • Protéger si gel intense
  • Rêver au printemps

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