Quand tailler un cerisier : la période et les gestes qui comptent

Taille du cerisier en été vs hiver

La bonne période pour tailler un cerisier est la fin de l’hiver, hors gel, quand les grands froids sont passés mais que l’arbre n’est pas encore reparti. Une intervention légère reste possible après la récolte, en été, pour corriger sans toucher au gros bois. Ce qu’il faut éviter en revanche, c’est la taille en pleine montée de sève au printemps, et surtout la taille sévère d’un arbre installé.

Le reste de cet article explique pourquoi le cerisier ne se taille pas comme un pommier, quels gestes correspondent à quel âge, et quelles erreurs coûtent un arbre.

Pourquoi le cerisier n’est pas un pommier

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C’est le point de départ, et il explique tout le reste. Le cerisier appartient au genre Prunus, comme le prunier, l’abricotier et le pêcher. Ces arbres à noyau ont une particularité que les arbres à pépins n’ont pas : ils réagissent aux blessures en produisant de la gomme, cette résine ambrée qui suinte le long du tronc et qu’on appelle la gommose.

Une plaie de taille mal placée, faite au mauvais moment ou sur du bois trop gros, ne cicatrise donc pas comme sur un pommier. Elle suinte, elle s’infecte, et elle devient une porte d’entrée pour les maladies, au premier rang desquelles la moniliose et les bactérioses. C’est la raison pour laquelle un cerisier se taille peu, tard, et avec des coupes de faible diamètre.

Retenez ce principe avant tous les autres : sur un cerisier, la meilleure taille est celle qu’on n’a pas eu besoin de faire. Un arbre conduit correctement pendant ses premières années demande ensuite très peu d’intervention.

Le calendrier de la taille du cerisier

La fin de l’hiver, la période de référence

C’est le créneau à viser pour les tailles de structure. L’arbre est encore dormant, sans feuilles, ce qui permet de voir la charpente et de décider clairement. Le froid le plus vif est passé, donc les plaies ne gèlent pas, et la reprise de végétation qui suit permet une cicatrisation rapide.

Concrètement, on parle de février et mars selon les régions, en évitant toute période où le thermomètre descend nettement sous zéro. Une gelée sur une plaie fraîche est exactement ce qu’il faut éviter. En altitude et dans le nord-est, attendez mars, voire début avril.

Après la récolte, pour les retouches

Une fois les cerises ramassées, en juin ou juillet, l’arbre est en pleine végétation et cicatrise vite. C’est un bon moment pour des interventions légères : supprimer une branche qui gêne, aérer le centre, retirer un rameau mal placé. On appelle cela la taille en vert.

Attention à ne pas en faire une taille de restructuration. En été, la sève circule, les coupes importantes provoquent des écoulements de gomme, et l’arbre part dans une repousse désordonnée qu’il faudra reprendre. Limitez-vous à des rameaux de faible diamètre.

Les périodes à éviter

  • Le plein hiver en période de gel. Les tissus sont cassants, les plaies ne se referment pas et le froid s’y installe.
  • Le printemps en pleine montée de sève, généralement avril et mai. C’est le meilleur moyen de déclencher une gommose sévère.
  • L’automne. L’arbre entre en repos, l’humidité s’installe, les champignons pathogènes sont actifs et la cicatrisation ne se fera pas avant des mois.
  • Les jours de pluie, quelle que soit la saison. L’eau transporte les spores directement dans les plaies fraîches.

Quels gestes selon l’âge de l’arbre

Les trois premières années : la taille de formation

C’est la seule période où l’on taille vraiment un cerisier, et c’est celle qui déterminera tout le reste de sa vie. L’objectif est de construire une charpente équilibrée, avec trois à cinq branches maîtresses bien réparties autour du tronc, ouvertes vers l’extérieur, sans concurrence entre elles.

On sélectionne ces charpentières, on supprime celles qui doublonnent ou qui partent vers l’intérieur, et on raccourcit modérément pour équilibrer. On veille aussi à ne pas laisser deux branches partir du même point, une configuration en fourche qui finira par se fendre sous le poids.

Le temps consacré à ces trois années est un investissement. Un cerisier bien formé n’aura ensuite besoin que d’un passage rapide tous les deux ou trois ans.

L’arbre adulte : entretien minimal

Sur un cerisier installé, la taille se limite à quatre gestes, et il vaut mieux s’y tenir.

  • Retirer le bois mort, cassé ou visiblement malade.
  • Supprimer les branches qui se croisent et se frottent, car les blessures d’écorce sont des portes d’entrée.
  • Aérer le centre pour que la lumière atteigne l’intérieur de la couronne et que le feuillage sèche vite après la pluie.
  • Éliminer les gourmands, ces rameaux verticaux et vigoureux qui ne fructifient pas et épuisent l’arbre.

Ce qu’on ne fait pas : raccourcir systématiquement les branches pour contenir l’arbre. Le cerisier réagit à ce traitement par une repousse verticale abondante, qui l’épuise sans rien produire.

Comprendre où poussent les cerises

C’est ce qui sépare une taille utile d’une taille qui supprime la récolte. Le cerisier fructifie principalement sur des rameaux courts et trapus, les bouquets de mai, qui portent des boutons à fleurs groupés et restent productifs plusieurs années de suite. Ces formations mettent du temps à se constituer.

La conséquence est directe : chaque fois qu’on raccourcit un rameau pour faire joli, on supprime des bouquets de mai, donc des cerises, pour plusieurs saisons. Un cerisier taillé court chaque hiver est un cerisier qui ne produit plus. Si c’est ce qui vous arrive, la marche à suivre est dans pourquoi un cerisier ne produit plus après une taille sévère.

Reconnaître ce que l’on coupe

Avant de sortir le sécateur, il faut savoir nommer ce qu’on a devant soi. Quatre types de bois cohabitent sur un cerisier, et les confondre revient à couper au hasard.

  • Les charpentières sont les branches maîtresses qui partent du tronc et structurent l’arbre. On n’y touche qu’en connaissance de cause : supprimer une charpentière déséquilibre la couronne pour des années.
  • Les rameaux partent des charpentières et portent le feuillage et les fruits. C’est sur eux que se fait l’essentiel du travail.
  • Les gourmands sont ces pousses verticales, vigoureuses, lisses et sans ramification, souvent nées sur le dessus d’une branche ou au pied de l’arbre. Ils ne fructifient pas et détournent la sève. On les supprime à leur base.
  • Les bouquets de mai sont de courtes formations trapues, hérissées de boutons groupés, portées par le bois de deux ans et plus. Ce sont eux qui donnent les cerises, plusieurs années de suite. On ne les coupe jamais.

Le repère visuel le plus simple : un rameau lisse, droit et vertical est presque toujours un gourmand ; un rameau court, ridé, couvert de petites protubérances est presque toujours porteur de fruits. Dans le doute, ne coupez pas et observez au printemps suivant, la floraison vous dira où sont vos bouquets.

Si l’arbre réagit mal

Il arrive qu’une plaie se mette à couler après la taille. La gomme apparaît sous forme de perles ambrées, puis d’une coulure translucide qui durcit. Ce n’est pas de la sève : c’est une réaction de défense, souvent déclenchée par une plaie trop grosse, une intervention à contretemps ou un stress hydrique.

Une gommose légère et localisée se résorbe seule et ne demande rien. Ce qui doit alerter, c’est une coulure abondante, qui persiste, accompagnée d’un affaissement de l’écorce autour de la plaie ou d’un dessèchement de la branche au-delà. On est alors probablement sur un chancre, une infection qui progresse dans le bois.

Dans ce cas, la conduite est de couper franchement en amont de la zone atteinte, en repassant dans du bois sain, par temps sec, avec un outil désinfecté avant et après. Les rameaux retirés ne vont ni au compost ni au broyeur : ils s’éliminent, sans quoi l’inoculum reste dans le jardin. Et l’on évite d’ajouter de l’engrais azoté, qui pousse l’arbre à produire des tissus tendres, plus vulnérables encore.

Si l’arbre a subi une coupe trop importante et ne produit plus, c’est un problème distinct, traité dans pourquoi un cerisier ne produit plus après une taille sévère.

Les outils et l’hygiène

Un sécateur bien affûté pour les petits rameaux, un ébrancheur pour les diamètres moyens, une scie d’élagage à denture fine pour le reste. Le critère qui compte n’est pas la marque, c’est le tranchant : un outil émoussé écrase les tissus au lieu de les couper, et une plaie écrasée cicatrise mal.

Désinfectez vos lames avant de commencer et entre deux arbres, à l’alcool à brûler ou à l’alcool ménager. Les maladies du cerisier se transmettent très efficacement par les outils, et c’est une contamination entièrement évitable.

Coupez juste au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur, légèrement en biais, sans laisser de chicot qui sécherait et pourrirait. Sur les branches un peu grosses, procédez en trois temps, une entaille sous la branche, une coupe au-dessus un peu plus loin, puis la finition au ras du bourrelet, pour éviter que le poids ne déchire l’écorce en tombant. Sur le choix de la scie pour les gros sujets, voyez quelle scie utiliser pour élaguer un grand cerisier.

Quant au mastic cicatrisant, son intérêt est discuté. Sur les arbres à noyau, il emprisonne parfois l’humidité et les pathogènes sous une couche étanche. Une coupe propre, faite au bon moment et de petit diamètre, se passe très bien de mastic.

Les cas particuliers

Un arbre devenu trop haut pose un problème différent, celui de la réduction d’un sujet installé, qui ne se règle pas en le rabattant d’un coup. La méthode est détaillée dans comment et quand tailler un grand cerisier trop haut.

Le cerisier bigarreau, groupe de variétés à chair ferme le plus répandu dans les jardins, a une vigueur et un port qui lui sont propres : ce qu’il faut savoir sur le bigarreau.

Un jeune arbre qui ne produit pas encore n’a pas forcément besoin d’être taillé : la mise à fruit demande plusieurs années, comme expliqué dans à quel âge un cerisier commence à produire.

Pour les autres fruitiers, dont les périodes diffèrent nettement, le calendrier général est dans tailler les arbres fruitiers.

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